ZoomAnalyste Crédit - L'art d'évaluer le risque"Est-ce que cette entreprise va nous payer? Notre métier, c'est de savoir répondre à cette question, explique Pierre-Emmanuel Jean, analyste crédit spécialisé sur les secteurs de la sidérurgie, metallurgie, chaudronnerie... Ce qui veut dire analyser la solidité financière des clients de nos clients", ceux dont Factofrance achète les factures. Chacun des 14 analystes crédit, placés sous la responsabilité de Christophe Mathieu et de quatre responsables de groupe, doit répondre à cette question plusieurs dizaine de fois par jour! Heureusement, dans 80% des cas, les bases de données et les scores déjà affectés permettent de répondre quasi automatiquement. Pour les 20% restants, qui représentent 80% des engagements pris par Factofrance, c'est l'analyste crédit qui doit se faire une opinion et s'engager. "Nous regardons le bilan, les analyses financières, quand elles existent, appelons la société et parfois lui rendons visite", explique Bouchra Elomri, analyste crédit télécoms, électronique et énergie. Dans la lignée de ces demandes, il faut régulièrement revoir les engagements qui en découlent et se montrer réactifs pour les modifier très rapidement en cas d'événements pouvant changer la donne pour l'entreprise ou pour son secteur. L'assurance prime!Une vraie responsabilité, quand on sait que chaque analyste crédit peut décider seul, jusqu'à un plafond de 800 000 euros par entreprise. Entre 800 000 et 1,2 millions d'euros, la décision appartient au responsable de groupe. Au-delà, la recommandation passe en comité de crédit, qui en examine 200 par mois. "Là, nous n'avons que quelques minutes pour justifier notre décision. Il faut savoir vendre sa recommandation et avoir de l'assurance sous peine de se faire "scotcher!", insiste Bouchra Elomri. Pour autant, l'analyse crédit n'est pas une science exacte. L'analyste peut se tromper : "Dans mon secteur, beaucoup d'entreprises sont confrontées à des problèmes de trésorerie. Je suis probablement celui qui compte le plus grand nombre de sinistres", admet avec philosophie Pierre-Emmanuel Jean. "On est là pour prendre un risque, rappelle Bouchra Elomri, récemment, j'ai eu un cas de sinistre très important. Il faut alors s'expliquer et comprendre ce qui aurait permis de l'éviter." "Un anlyste sans sinistre serait à mes yeux un suspect! Quelle serait sa capacité à prendre des risques? Dire non, c'est ce qu'il y a de plus facile dans la vie", insiste Chritophe Mathieu. Une fonction "pépinière"Pour assumer de telles responsablités, Factofrance fait appel à de jeunes diplômés, d'un niveau Bac+5. Une solide formation à la finance est exigée. Aude et Bouchra ont toutes les deux un DESS, et Pierre-Emmanuel a obtenu, après un cursus à Dauphine, une maîtrise d'ingénierie financière à l'EM Lyon et la pratique de l'anglais qui s'impose de plus en plus. Etre analyste crédit chez Factofrance représente une excellente porte d'entrée pour évoluer dans le Groupe ou d'autres sociétés de GE : depuis leur arrivée, il y a moins de deux ans, Aude, Pierre-Emmanuel et Bouchra ont déjà vu partir ainsi la moitié de leurs anciens camarades. "Pas toujours facile de gérer, mais nous avons choisi ce rôle de "pépinière" et nous sommes heureux de réussir à marier ainsi les souhaits d'évolution des collaborateurs et de pourvoir aux besoins du Groupe ", conclut Christophe Mathieu.
Les qualités pour réussir, selon eux :
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